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INTERVIEW:
MORY TOURÉ ( PERE DE KOLO HABIB ) CONFIE/ "MON
FILS A EU RAISON DE MOI" |
INTERVIEW/ Mory Touré (Père de
Kolo) confie :
''Mon fils a eu raison de moi''
Kolo Touré Habib, l'international ivoirien
d'Arsenal fait aujourd'hui partie de la crème
des footballeurs africains qui ont conquis
l'Occident de par leur talent. Pour en savoir
davantage sur son enfance, ses débuts dans le
football, nous avons rencontré son père, M. Mory
Touré qui en profite pour nous ouvrir une
lucarne sur son récent séjour londonien.
* Comment avez-vous vécu la qualification des
Eléphants pour le Mondial 2006 ?
- Je voudrais d'abord à travers votre Magazine,
remercier le Tout-Puissant Allah parce que pour
moi, cette qualification n'est autre qu'un
soutien divin. C'est surtout dans le
recueillement que nous avons vécu ce que je peux
appeler la délivrance. Malgré le mois de carême,
nous avons pu
manifester notre joie.
* Après cette qualification, deux de vos
enfants, Kolo et Gngnery ont reçu les honneurs
de toute la nation en se faisant décorer par le
Chef de l'Etat. Vos sentiments ?
- Je suis fier de mes garçons. Ils ont certes
fait honneur à la nation mais aussi et avant
tout, à toute la famille. Moi même qui suis leur
père, j'ai servi 35 ans dans l'armée sans une
distinction aussi grande comme celle-ci. En plus
une villa de 30 millions pour chacun, c'est tout
à fait le comble. Je bénis toujours le nom du
Seigneur.
* Vous ne parlez pas sans évoquer le nom de
Dieu. Est-ce qu'après la défaite face au
Cameroun au soir du 04 septembre 2005, vous
croyiez encore en la qualification des Eléphants
?
- Vous savez, la foi est le fondement de toute
vie musulmane. La mienne m'avait fait prédire
une qualification de notre sélection nationale.
Je dis cela parce qu'après la défaite face au
Cameroun, j'ai appelé mon fils Kolo pour lui
dire de ne pas désespérer. Et que si la
qualification devrait venir d'une autre équipe,
elle le serait de toutes les façons. C'est Dieu
qui l'a voulu ainsi. Lorsque nous avons perdu
face au Cameroun, j'avais voulu accompagner Kolo
à l'aéroport, mais il a refusé. Mais
aujourd'hui, je crois qu'il est très heureux
parce que depuis le Soudan, il m'a appelé pour
savoir comment les Ivoiriens vivaient cette
qualification. Ce n'est pas pour le vanter mais
je crois que mon fils fait beaucoup preuve de
patriotisme. Pour son pays, il est toujours prêt
à se battre. Vous avez dû le constater vous-même
lorsqu'il joue.
* A
sa naissance, avez-vous souhaité que Kolo
devienne footballeur ?
- En mettant mon fils Kolo à l'école, c'était
pour qu'il devienne un fonctionnaire et non un
footballeur. Mais à ma grande surprise, il a
décidé de virer pour le football après son
admission en classe de 6è. Au départ, je me suis
opposé à son choix parce que j'avais peur qu'il
échoue. Mais il a insisté en me rassurant qu'il
a pris cette décision parce que son objectif
premier est de me soutenir en allégeant un tant
soit peu les charges familiales. je l'ai donc
laissé faire ce qu'il voulait. Ça a été le cas
pour son frère Yaya Touré Gnegnery qui est lui
aussi très intelligent mais a décidé de suivre
son grand frère. Il y aussi le cas de leur frère
Ibrahim Kolo qui joue en D2 avec Toumodi.
Aujourd'hui, je pense qu'ils ont eu raison de
moi.
*
Alors peut-on dire que vous êtes un père comblé?
- Je le suis véritablement parce que mes enfants
me donnent satisfaction. Je ne m'y attendais
vraiment pas. Je ne cesse de prier pour eux afin
qu'ils progressent davantage, surtout pour
Gnegnery qui évolue en Grèce. Mon souhait c'est
de le voir jouer dans un championnat beaucoup
plus médiatisé comme celui de la France, de
l'Angleterre ou de l'Espagne par exemple.
*
Vous avez dit un peu plus haut que vous avez
servi dans l'armée pendant 35 ans. Est-ce à dire
que vos enfants ont reçu une éducation très
rigoureuse ?
- Je n'ai pas été aussi dur envers mes enfants.
Ce que je faisais qu'ils n'aimaient pas et dont
ils se plaignaient toujours, c'est le fait que
je leur refuse des choses que je donne aux
enfants des autres. Pour moi, c'était normal. Je
rendais service aux enfants des autres pour
qu'en retour, Dieu en fasse de même pour mes
propres enfants. Et quand Dieu t'accorde le
succès que tu as cherché de toi-même, cela est
encore plus durable et garanti.
*
Avant de s'envoler pour l'Angleterre, Kolo a
fait les beaux jours de l'ASEC d'Abidjan.
C'était votre souhait qu'il débute d'abord à l'ASEC
sur le plan local ?
- Oui ! Moi-même je suis un fervent supporter de
l'ASEC. J'ai milité dans le comité des
supporters à l'époque au temps des Pokou, Bazo,
Jean Kéita et autres. Alors pourquoi ne pas être
heureux que mon fils joue à l'ASEC ? L'ASEC est
comme une seconde famille pour moi.
*
Kolo fait partie des rares footballeurs
ivoiriens qui, depuis le pays, ont pu décrocher
un gros contrat à l'étranger et dans un club de
renom comme Arsenal. Comment avez-vous accueilli
la nouvelle de son transfert ?
- C'était tout simplement la main de Dieu, lui
qui a écouté nos supplications et est venu à
notre secours. C'était la joie dans le cœur de
tout le monde ici. Mais en même temps, sa
défunte mère et moi avions des appréhensions.
Comment notre fils allait-il s'en sortir dans un
milieu qu'il ne maîtrise pas ? Mais Dieu merci,
avec les prières des uns et des autres, Kolo
s'en sort bien.
* Un
mot sur les rapports entre Kolo Habib et sa
défunte mère…
- Kolo était très attaché à sa mère. Les deux
s'aimaient beaucoup. C'est pourquoi le décès de
sa mère l'a très affecté moralement. Il a
beaucoup pleuré et lui a rendu tous les hommages
qui lui revenaient le jour des funérailles. Mais
son attachement à Allah lui a permis de se
ressaisir.
* On sait aussi que vous
avez passé quelques jours à Londres, aux côtés
de votre fils. Parlez-nous un peu de votre
séjour londonien.
- C'était merveilleux. Je me suis frotté à tous
les grands joueurs qui m'appelaient ''papa''.
Ils étaient tous heureux de me voir, les Thierry
Henri et autres. Pablo le chargé de mission des
joueurs m'a même offert une montre à l'effigie
de l'équipe d'Arsenal. Arsène Wenger m'a offert
un déjeuner spécial chez lui. Apres les matches,
on partait prendre du café. Le temps que les
joueurs finissent de prendre leur douche et nous
retrouvent pour les féliciter et encourager.
*
Quel sentiments vous animaient-ils quand Arsenal
gagne ou perd un match ?
- Il faut dire que les défaites étaient quand
même rares. Pendant les 3 mois que j'ai passé à
Londres, l'équipe d'Arsenal a gagné à 90% les
matches qu'elle a eu à jouer. Et c'était
toujours la joie. En cas de défaite, je dis aux
joueurs de ne pas se décourager et que c'était
la volonté de Dieu. En football, il faut certes
gagner mais accepter aussi de perdre
quelquefois.
* Votre jugement sur le public anglais
- A tous les matches auxquels j'ai assisté, je
ne me suis jamais ennuyé. Le public anglais
supporte du début du match jusqu'à la fin. Même
quand son équipe est menée et qu'il n'y a plus
d'espoir. Cela m'a beaucoup marqué.
*
Votre séjour à la Mecque, c'était encore l'œuvre
de vos enfants footballeurs…
Oui ! Et je demande à Dieu de les bénir et de
leur donner la force pour pouvoir supporter les
joies et les peines des milliers de spectateurs
devant qui ils jouent tout le temps. Qu'ils
continuent de tirer profit de ce qu'ils font.
*
Votre avis sur la poule des Eléphants par
rapport à la CAN 2006
- A mon avis, c'est une poule très difficile.
Mais Dieu va achever ce qu'il a commencé. Le
Maroc, l'Egypte et la Libye ne sont pas
imbattables. Je pense que nos Eléphants
sortiront la tête haute de cette CAN.
* Un
mot de fin ?
Je demande aux Ivoiriens d'être un peu humbles.
Qu'on arrête cette façon de fêter avant la
victoire. Fêter une victoire à l'avance, c'est
oublier que c'est Dieu qui a le dernier mot.
Avec un peu d'humilité, Dieu fera beaucoup de
choses pour nous.
Menée par Benjamin Bassolé
LORD PACHA /
PARADISETEAM.NET |
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